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La formation : principal enjeu de la mobilité électrique

drawv

8 novembre 2021

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Formation filiere batteries

Les batteries électriques constituent la technologie principale permettant la décarbonisation des transports et l’essor du marché des véhicules électriques. La commission européenne estime que d’ici 4 ans, l’Union Européenne aura besoin de 800 000 salariés pour les industries de la batterie dont 150 000 en France. 

La disponibilité et l’accès aux compétences constituent un enjeu majeur pour la compétitivité des entreprises du secteur. Comment répondre à un besoin croissant de compétences et de main d’œuvre qualifiée dans la filière batteries ?  

Gilles Moreau, Co-fondateur et Directeur de l’Innovation chez Verkor nous en dit plus sur les enjeux et besoins de formation de cette filière et sur les solutions qui seront déployées pour relever ce challenge. 

La formation de la filière batterie : qu’en est-il en 2021 ? 

La transition énergétique entraîne une transformation majeure des métiers vers des « emplois verts ». Le BCG (Boston Consulting Group) prévoit une baisse significative des emplois chez les équipementiers et des fournisseurs axés sur les moteurs à combustion, mais une forte hausse pour les métiers du secteur automobile liés à l’énergie et au recyclage d’ici 2030.  

Le BCG estime à 2,4 millions le nombre d’employés qui auront besoin de formations spécifiques dont 225 000 d’une reconversion professionnelle, par exemple, pour passer de l’assemblage automobile à la production de cellules de batteries. (Source : “Is E-mobility a Green Boost for European Automotive Jobs ?” – BCG)  

Pour Gilles Moreau, “aujourd’hui l’offre de formation pour la filière batterie n’est pas satisfaisante. En France et en Europe, on trouve peu d’écoles d’ingénieurs dans le secteur de l’électrochimie et ce n’est plus suffisant par rapport aux usines qui vont être construites. Nous avons besoin de plus de compétences dans ce domaine, d’employés qualifiés et spécialisés dans les batteries. La formation est un enjeu crucial. “  

L’objectif ambitieux est d’arriver à une autonomie européenne en termes d’électromobilité et de production de batteries électriques. La construction de 3 usines de production de batteries (Gigafactories) sur le territoire national d’ici 2024 renforce l’urgence des besoins dans ce secteur. 

Face à ce défi, quelles sont les solutions en matière de formation ? 

 

L’Académie Européenne de la Batterie 

Afin de répondre à l’enjeu des batteries « Made in Europe », EIT InnoEnnergy a signé un accord de partenariat avec l’Etat français et les OPCO 2i et Mobilités en juillet 2021 pour mettre en place l’Académie Européenne de la Batterie (EBA Academy) en France. 

L’objectif de cette structure est d’accélérer la formation des métiers de la filière batterie grâce à une plateforme de services de formation, créée pour et avec les entreprises du secteur. 150 000 personnes pourront être formées grâce à cette structure. Pour Christine Durand, Responsable formation chez InnoEnergy France, l’EBA Academy intervient dans un contexte particulier de déséquilibre entre d’un côté une croissance exponentielle du marché de la batterie à horizon 2025, et de l’autre une pénurie de talents pour accompagner cette croissance. Une réponse innovante, permettant de mutualiser les solutions de formation existantes et d’accélérer la création de nouveau contenu était donc nécessaire.” 

L’EBA Academy propose aujourd’hui 30 modules de formation pour plusieurs niveaux de qualifications, allant de technicien supérieur à cadre supérieur. Ces formations couvrent toute la chaîne de valeur, des fondamentaux sur les batteries jusqu’aux modules intégrant la dimension marché, l’innovation dans le domaine des batteries, l’électrochimie, ou le système de management des batteries…  

EIT InnoEnnergy s’est associé à ce jour à l’APAVE (145 centres et des formateurs experts) et l’IFP TRAINING (une centaine de formateurs permanents et 600 intervenants), deux organismes de formations français afin d’accélérer le processus formation. D’autres organismes seront amenés à rejoindre l’EBA Academy. 

Verkor est pleinement impliqué dans le programme de l’académie européenne de la batterie. Gilles Moreau ajoute : “Verkor est le premier client de l’EBA Academy, nous connaissons bien EIT InnoEnnergy, puisqu’il fait partie de nos premiers investisseurs. Cela permet à l’EBA de démarrer leur programme et, pour Verkor, c’est l’opportunité de monter des formations utiles à tous mais aussi orientées sur nos besoins spécifiques. Verkor est en même temps client et fournisseur.”  

 

Le pôle formation du VIC (Verkor Innovation Centre) 

Verkor crée le VIC. Opérationnel en 2022, le VIC aura 3 fonctions principales : innover, produire et, former. Le VIC possèdera son propre centre de formation avec pour cible de former la nouvelle génération d’experts de la filière de la batterie en mettant à leur disposition les moyens et ressources d’un laboratoire de recherche avancée.  

Les formations proposées au VIC permettront d’accompagner la transformation industrielle de l’automobile vers l’électrique et construire une chaîne de valeur batterie : des matières premières jusqu’au recyclage.  

Pour Gilles Moreau, “Le centre de formation du VIC est une opportunité pour Verkor. Cela va permettre de dispenser des formations sur les batteries, favoriser le développement des compétences dans ce secteur et former nos salariés en interne. Le VIC est une Industrie 4.0. Le centre de formation va aider à la reconversion vers les métiers de la transition énergétique. Grâce au mentoring d’experts, les sachants pourront transférer leurs connaissances aux personnes en formation, dans un objectif de partage d’expérience.” 

Quel sera le profil du public formé au VIC ? 

“Tout type de public, de l’ingénieur au technicien ou opérateur. Nous avons l’objectif de former des juniors mais aussi des personnes en reconversion puisque la transition énergétique ne se fera pas sans une transition des métiers. Le centre de formation du VIC sera accessible et ouvert au-delà des équipes de Verkor”.  

Quelles sont les étapes pour le centre de formation du VIC ? 

“Nous allons tester l’an prochain une formation plutôt généraliste, pour nos collaborateurs ingénieurs en sécurité, qualité ou pour les fonctions supports, qui ne sont pas spécialisés dans les batteries. Nous allons profiter de cette année pour faire des tests sur ces formations et, leur transmettre cette culture de la batterie. 

D’ici la fin de l’année prochaine, le VIC sera prêt. On pourra alors dispenser aux opérateurs et techniciens des formations plus appliquées et opérationnelles. Comme pour nos formations internes, nous feront différents tests sur ces formations en utilisant les machines du laboratoire, et des outils tels que la réalité augmentée et virtuelle 

Au terme de ces 2 années de développement des contenus pédagogiques, nous pourrons accélérer notre programme de formation dans le cadre du VIC.” 

Pourquoi choisir Grenoble comme propulseur de la formation de la filière batterie ?  

Depuis des décennies Grenoble est mobilisée pour la transition énergétique. C’est en 1864 qu’Aristide Bergès a inventé la “houille blanche” (l’hydroélectricité), une innovation ayant vu le jour en Isère. Grenoble est également le foyer des sociétés et leaders internationaux de l’hydroélectricité tels que GE Electric Renewable Energy, Air Liquide ou le CEA Liten, mais aussi du leader mondial de la gestion d’énergie, Schneider Electric. Grenoble est à la pointe du management de l’énergie et des smart grids (technologies du numérique et de l’électricité) ; c’est un environnement propice pour développer la formation de la filière batteries.  

Grenoble profite aussi d’un environnement très attractif. Les personnes qui y seront formées pourront aussi en profiter pour prendre un formidable bol d’air dans les montagnes environnantes.  

 

Oui, la formation des salariés dans le secteur de la batterie est cruciale.  

Premier client de l’Académie Européenne de la Batterie et, créateur du centre de formation du VIC, Verkor souhaite participer activement au développement des formations et des compétences de la filière batteries, un secteur identifié comme porteur d’enjeu stratégique national et européen.  

Pour Gilles Moreau “Nous avons un rôle à jouer dans la formation pour la conversion. C’est dans nos valeurs ; la transition écologique c’est ce qui nous a motivé et, cette transition écologique ne se fera pas sans une transition des métiers. Donc oui, Verkor a un rôle à jouer et nous avons envie de jouer ce rôle-là.”  

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